Rabat

Il y a huit siècles et demi que Rabat domine l’oued Bou Regreg et l’océan Atlantique.
Plus de huit cents ans d’histoire y ont laissé quelques très belles réalisations,
les unes réputées, les autres un peu plus oubliées des touristes
La médina est
bien sûr incontournable, non pas que les souks soient les plus beaux ou les plus
intéressants, mais parce que c’est là que bat le coeur de la ville. Les souks et
l’un ou l’autre marabout ponctuent sa visite.
En sortant de la médina par le boulevard Mohammed V,
on rejoint la ville moderne qui vaut surtout par la visite de la nécropole de
Chellah. A ne pas manquer lors d’un séjour à Rabat: la casbah des Oudaias.
Derrière la porte Bab Oudaia, se cachent des petites maisons blanche et bleue qui
rappellent immanquablement les Cyclades
Véritable bijou de cette casbah,
le musée des Oudaias est installé dans un ancien palais de Moulay Ismaël.
De l’autre côté de l’oued se trouve la ville de Salé où l’on conseille de se
rendre au centre d’artisanat.
Fés
La plus belle et la plus envoûtante médina du Maroc est un labyrinthe de 9.500 rues
et d’un millier d’impasses grouillantes de petits marchands guidant leur âne chargé
de marchandises. Les souks y regorgent de victuailles en tout genre ou abritent divers
corps de métiers, un ancien caravansérail magnifiquement restauré héberge un musée du
Bois où cèdres et arganiers se muent en portes somptueuses, coffres et étagères sculptées.
Le musée des Arts marocains est installé entre Fès el-Bali et Fès el-Jedid. On y trouve une
remarquable collection de poteries en provenance de différentes villes et de différentes époques.
Fès el-Jedid fut fondée au 13e siècle à côté de Fès el-Bali. Elle est surtout remarquable par
l’ancien quartier juif qui offre une architecture totalement différente. Une très belle synagogue,
récemment restaurée et réouverte revit au rythme du culte judaïque.
Fès, cité millénaire, est la première ville orientale au Maroc.
Idris Ier, immigré d'Orient, fonda en 172H/789 J.-C., sur la rive droite de l'oued Fas,
le premier noyau - Madinat Fas -, bourgade berbère à forte empreinte rurale. 20 ans
plus tard, en 193H/809 J.-C., son fils Idris II fonda sur la rive gauche, dans la
partie ouest du site, plus escarpée et riche en eau que la précédente, une seconde
agglomération - al-Aliya (la Haute) - conçue à l'orientale avec son palais et sa qisariya.
Deux faits historiques, l'insurrection du "Faubourg de Cordoue" en 199H/818 JC et une
rébellion kairouanaise allaient être riches de conséquences pour la destinée de Fès.
Avec l'installation de huit cent familles andalouses, la rive droite dénommée alors
'Udwat al-Andalus s'urbanisa sur le mode andalou; ces faubouriens rabatis qui comptaient
des artisans, des petits marchands néo-musulmans et des notables, apportaient "leur
expérience de la vie citadine, leurs techniques ancestrales du jardinage, de la bâtisse et de l'artisanat".
Peu après, dans la ville d' al-Aliya, où dominait une population arabe très diversifiée
quant à ses origines tribales, l'élite citadine composée de nobles, fut renforcée par
l'arrivée de trois cents famille kairouanaises et de nombreux juifs qui firent bientôt
du commerce avec toute l'Afrique du Nord. Cette ville fut appelée 'Udwat al-Qarawiyyin'.
Au Xe siècle, la lutte d'influence politique entre Umayyades d'Espagne et Fatimides
d'Ifriqiya dans le Nord du Maroc est favorable à la commande artistique. L'architecture et
le mobilier révèlent les grandes tendances de l'art marocain: ces dernières puisent presque
davantage aux sources de l'Ifriqiya qu'à celles de l'Andalousie. La très précieuse chaire de
la mosquée des Andalous (fin Xe siècle) dont les techniques et procédés décoratifs ont survécu
dans maintes réalisations ultérieures, témoigne de la maîtrise des sculpteurs, peintres et tourneurs sur bois.
A Fès, capitale spirituelle et du savoir-faire, le nombre des artisans s'élève à plusieurs
dizaines de milliers. En 1923, 162 corporations ont été dénombrées, dont plus de la moitié
opéraient dans le domaine de l'artisanat. Ces corporations, dont la plupart étaient composées
d'artisans, comptaient des commerçants ou étaient des corporations de services (kwadsiya).
Leur présence atteste l'importance de l'artisanat dans l'économie de la médina; d'ailleurs,
maintes chroniques soulignent le rôle économique et politique joué par celles-ci au cours de
l'histoire. L'organisation spatiale de l'artisanat corrobore cette importance: le secteur
artisanal, qu'il s'agisse d'ateliers de fabrication ou de marchés de vente, est regroupé
autour de la Qaraouiyin, principal noyau de la ville ancienne (souks Chemmaîn, Sbitriyn, Seffarin, Nejjarin).
Meknes
Meknès doit son nom à la tribu des Meknassa, venue vers le Xe siècle camper au nord
de l'oued Boufekrane. Son nom était Meknassa es-Zitoun (Meknès des Oliviers),
dont les eaux vives, la terre généreuse et les ombrages avaient tout pour séduire
ces nomades zénètes des steppes orientales. Avant son édification, il n'y avait
qu'une série de bourgades sans remparts, qui coexistaient paisiblement dans une
vie agricole de traditions berbères.
Actuellement Meknès comprend une ville ancienne et une ville moderne séparées
par le vallon de l'oued Boufekrane. De la ville nouvelle on peut jouir d'une
très belle vue d'ensemble sur la médina avec ses nombreux minarets, ses
remparts et sa cité impériale.
Sous le règne de Moulay Ismail (1672-1727) elle connut une période de grande prospérité.
Moulay Ismaîl choisit Meknès comme capitale pour des raisons à la fois stratégiques,
politiques et géographiques. Outre son intérêt architectural évident même pour
e touriste le moins averti, la Kasba de Meknès revêt une importance singulière.
La Kasbah Ismaîlienne est une partie intégrante de l'Histoire de l'architecture
Marocaine. Ses monuments frappent l'imagination à la fois par leurs diversités
apparentes et par leur homogénéité fondamentale. Un certain nombre de portes
particulièrement mises en valeur sur le plan décoratif (Bab Mansour Laalej et Bab Errih),
donnent accès à un palais ou à un sous-ensemble ou même à la Kasbah dans son ensemble.
Ce sont essentiellement ces portes qui justifient l'appellation de "Meknès, Capitale a
ux belles portes".
Les Almohades au Xième siècle la repeuplent et construisent des mosquées,
des hammams (bains maures) etc.… Le quatrième Sultan almohade Mohammed An-Nasir,
fit refaire la grande mosquée et lui ajouta un mihrab (vers 1203). Abou Youssef,
fit construire une Kasbah et Meknès devint résidence de vizirs.
Au XIIIème siècle, sous le règne des Mérinides de nombreux monuments seront édifiés
par Abou Youssef et Abou El Hassan. C'est sous les Mérinides que Meknès deviendra
véritablement une cité Hispano-maghrébine.
A l'époque des Saâdyines, les villes du nord perdirent de leur importance.
Il a fallu attendre la fin du 17ème siècle et l'avènement du deuxième Sultan Alaouite
pour que la ville de Meknès se place au premier rang des cités impériales.
Moulay Ismaîl, qui en avait été d'abord le gouverneur, lui donna un extraordinaire
essor; il voulut en faire une grande capitale. Il en fit donc sa résidence
habituelle et la mit en valeur par de nombreuses et grandioses constructions :
palais somptueux, mosquées, médersas aux ensembles harmonieux, portes monumentales,
remparts imposants, vastes jardines, pièces d'eaux…
Après la mort de Moulay Ismail en 1727, son fils Moulay Abdellah, continua et
acheva une partie des travaux entrepris par son père. Meknès s'enrichit de
plusieurs monuments sous le règne de Sidi Mohamed Ben Abdellah (1757-1790) :
il fit construire des mosquées, des mausolées et le palais de Dar Beïda, occupé
actuellement par l'Académie Royale Militaire. Les Alaouites n'ont cessé, jusqu'à
ce jour, d'être des rois bâtisseurs, et la Kasbah de Meknès prend donc une valeur
particulièrement significative.


Marrakech

Edifiés au début du XIIème siècle, ces imposants remparts donnent une idée de
l'importance historique de la ville. Longs de 19 km et flanqués de 202 tours,
ces murs bâtis en pisé présentent, selon l'éclairage, d'admirables reflets rougeoyants.
Neuf portes majestueuses permettent l'accès à la médina. Quelques unes d'entre elles,
telles que Bab el Debbagh et Bab Agnaou, ont conservé leur architecture d'origine
et valent le détour.
La mosquée Koutoubia doit son nom aux "kutubiyin" ou libraires, qui aux
XIIème et XIIIème siècles venaient vendre leurs marchandises sur le parvis
de la mosquée. Le minaret, achevé sous le règne du sultan Yacoub el-Mansour
(XIIème siècle), est considéré comme un chef d'œuvre de l'art hispano- mauresque.
Les proportions harmonieuses et la richesse ornementale des panneaux décoratifs des
différentes faces de l'édifice font la fierté des Marrakchis. Dominant la ville et
ses environs du haut de ses 70 mètres, le minaret, symbole de la ville, est aussi
un excellent point de repère pour ceux qui viendraient à s'égarer...
Les souks de Marrakech figurent parmi les meilleurs du Maroc. Situés au coeur
de la médina, ils offrent un festival de couleurs, de sons et de parfums qui
ensorcèle le visiteur.Il n'est pas toujours facile de faire son choix parmi
la variété des objets proposés. Mais n'hésitez pas à vous engager plus avant
dans le dédale des ruelles, le trésor est peut-être au bout du chemin...
Cette place est la principale attraction touristique de Marrakech. Véritable "cour des miracles", elle est animée d'une vie intense où le misérable et le sublime se mêlent pour offrir un spectacle hallucinant. Badauds, musiciens, boutiquiers, danseurs, charmeurs de serpents, mendiants, guérisseurs... forment une foule hétéroclite et bigarrée. A la nuit tombée, les gargotiers s'installent et la place se métamorphose alors en un vaste restaurant en plein air où l'on peut déguster pour un prix modique toutes les spécialités locales.




















